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Articles et communications


La mort du commandant Merlhe

Un destin exceptionnel : le chef d'escadron Gaston Merlhe (1884-1951)

Parmi les carrières atypiques et marquantes de la gendarmerie, celle du chef d’escadron Gaston Merlhe, à cheval sur les deux guerres mondiales, mérite d’être rappelée et citée en exemple.

Un parcours militaire varié et interarmes

Né le 24 octobre 1884 à Bannalec dans le Finistère, Gaston Merlhe est l’aîné de cinq enfants, tous élevés avec rigueur, sévérité et sens du devoir. Après des études primaires couronnées par l’obtention de Certificat d’études primaires, il intègre à 12 ans l’école des enfants de troupe d’Autun. « Bon élève sous tous les rapports », il y suivra les cours de l’enseignement secondaire jusqu’en 1902 et restera marqué pour le restant de sa vie par cette expérience dure, mais formatrice à bien des égards. Merlhe en gardera un sens élevé du devoir.

D’un tempérament décidé et recherchant une vie active, il s’engage dès l’âge de 18 ans pour cinq ans, le 24 octobre 1902, comme simple cavalier au 21e régiment de Dragons à Nantes. S’adaptant facilement à la vie militaire, le jeune Merlhe gravit rapidement les échelons hiérarchiques. Nommé maréchal des logis en décembre 1903, il souscrit deux nouveaux engagements en 1907 et 1910.

Repéré pour sa rigueur et son excellent état d’esprit par ses supérieurs, il est détaché comme « porte fanion » du général Davignon, commandant le 1er corps d’armée, en 1909.
Poursuivant sa formation militaire et devenant un équitant confirmé, il est promu maréchal des logis-chef le 18 juillet 1912.

Le garde républicain

A la veille du premier conflit mondial, lassé par la vie de garnison et rêvant de grands espaces, Merlhe, attiré par les missions de service public, s’engage dans la gendarmerie au titre de la légion de garde républicaine, avec le grade de maréchal des logis-chef, le 5 décembre 1913. Affecté au régiment de cavalerie du quartier des Célestins à Paris, il alterne au cours de sa première année de garde, instruction au maintien de l’ordre et services d’honneur parisiens.

Dès la déclaration de guerre, il se porte volontaire pour partir au front mais n’est pas retenu avant l’année 1916.

Le pilote de chasse

L’aviation militaire en plein essor recherche des volontaires en cette deuxième année de guerre. Merlhe, postulant est sélectionné. Il est détaché de la gendarmerie et affecté au centre d’aviation de Dijon le 6 mars 1916. Après une première partie de formation de base, il intègre l’école de pilote de Tours.

Le 4 avril 1916, il effectue son premier vol. Assidu et doué d’un grand sang-froid, il apprend vite et devient rapidement un excellent garde pilote. En juillet 1916, après 30 heures et 20 minutes de vol, le maréchal des logis chef de gendarmerie Merlhe reçoit son brevet « d’aviateur militaire ». Il est en outre cité à l’ordre de l’école d’aviation de Tours le 3 août 1916 pour son bon comportement pendant la formation. Il poursuit son instruction à l’école de perfectionnement de Châteauroux, sur des biplans Farman HF7 et des Caudron G4 bimoteurs, y reste deux mois et demi et sa fiche d’évaluation comporte les renseignements suivants : « Très bon pilote apte à toutes les missions ». Il est affecté en octobre 1916 à l’escadrille C 105 du secteur 8.Le 4 novembre, il fait son premier vol au dessus des lignes ennemies.

La semaine suivante, il engage son premier combat aérien. L’appareil allemand qu’il attaque, complètement désemparé face au mépris du danger de Merlhe, est touché de plusieurs impacts de mitrailleuse et rompt l’engagement pour rejoindre ses lignes. Le 1er novembre, Merlhe est nommé adjudant-pilote des troupes de l’aéronautique. Dès lors, il alterne missions d’observation, de reconnaissance, de réglage d’artillerie et de combat. En février 1917, Merlhe est affecté à l’escadrille C 106 (secteur 155) puis à l’escadrille C 229. Le 12 avril, il exécute un réglage d’artillerie au cours d’une violente tempête et accomplit sa mission en totalité, risquant sa vie à plusieurs reprises; cette action lui vaudra une citation à l’ordre du Corps d’Armée. Quinze jours plus tard il attaque un avion de chasse allemand et le force à rentrer précipitamment dans ses lignes. Son avion est criblé de balles et il est obligé de faire un atterrissage forcé, le moteur gauche de son appareil étant endommagé. Par arrêté ministériel en date du 21 avril 1917, il reçoit la médaille militaire avec la citation suivante : « Pilote plein d’ardeur et d’entrain. Venu volontairement dans l’aviation, y a rendu d’excellents services par son zèle et son dévouement ». Le 18 février 1918, il exécute son dixième combat contre un aéroplane « Albatros » allemand qui après une heure de combat intense, cesse l’affrontement en regagnant ses lignes touché de plusieurs impacts.

Le 18 juin, au cours d’une mission photographique, il n’hésite pas à monter à une altitude de 6 100 mètres pour réussir sa mission. Son observateur aura la figure et les mains gelées.

Si le nom de Merlhe ne fait pas partie de la liste des pilotes les plus connus du premier conflit mondial, son comportement exemplaire en tant que pilote de chasse est reconnu par les initiés.
Les quatre citations à l’ordre de l’armée et du corps d’armée qu’il reçoit en attestent.

La citation à l’ordre de l’armée en date du 10 septembre 1917, comporte le libellé suivant : « Pilote de tout premier ordre. Le 30 avril, a soutenu un combat violent et pénible contre un avion de chasse ennemi qui tentait d’incendier un de nos drachens (dépôt). A atteint son adversaire à coups de mitrailleuses, l’a obligé de piquer précipitamment dans ses lignes et a ainsi dégagé le drachen français. A eu son appareil criblée de balles et hors d’usage. Les 7 juin et 15 juillet, a continué l’exécution de ses missions, bien que son avion ait été gravement atteint par des éclats d’obus et des balles de mitrailleuses terrestres. Le 28 juillet a attaqué résolument un avion ennemi qui tentait de pénétrer dans nos lignes. A eu son avion atteint et a été obligé d’atterrir dans un terrain difficile. Médaillé militaire et 2 citations du corps d’armée antérieures au fait ci-dessus. »

Le 8 juillet 1917, il est nommé sous-lieutenant. Totalisant 422 heures de vol et plus de 130 missions aériennes dont dix combats aériens, Merlhe, atteint d’une phlébite à la jambe droite, conséquence d’une blessure contractée lors d’un accident aérien au retour d’un combat, voit son détachement dans l’aviation se terminer.

L’officier de gendarmerie coloniale

Après deux années de guerre et un séjour à l’hôpital, Merlhe intègre la 1ère légion de gendarmerie basée à Lille. Il est affecté au commandement de la section de gendarmerie d’Hazebrouck. Dans ce poste, Merlhe se sent mal dans sa peau, mais remplit cependant avec entrain les missions qui lui sont confiées. Le 8 juillet 1919, il est promu lieutenant et fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 octobre 1920. Il se porte dans le même temps volontaire pour servir en Afrique occidentale ou équatoriale française, les terres du nord de la France ne convenant pas à son tempérament. Le 21 octobre 1921, ses voeux se réalisent. Il est désigné pour commander le détachement de gendarmerie du Sénégal. Créé en 1899, le nombre et la diversité des services demandés à ce détachement ne cessant d’augmenter, la présence d’un officier à la tête de ce dernier devenait indispensable.

L’organisateur de la gendarmerie de l’Afrique occidentale française

Dès son arrivée à Dakar, Merlhe jouissant de son glorieux passé militaire, s’adapte facilement à la mentalité africaine et impose avec tact le modèle de la gendarmerie française. Travaillant de concert avec l’administration coloniale, il étend progressivement le domaine et les attributions de la gendarmerie, n’hésitant pas à innover. Les brigades de gendarmerie essaiment sur l’ensemble du territoire du Sénégal, mais également au-delà, au Soudan et en Guinée. Merlhe conscient des besoins locaux, poursuit les efforts déjà engagés durant 22 ans par son prédécesseur à la tête du détachement, l’adjudant Ovigny. Il confie à ses hommes de nouvelles fonctions qui s’éloignent du rôle premier de sécurité et tranquillité publique normalement dévolu aux gendarmes prévôtaux et à leurs auxiliaires sénégalais. Ainsi, ils deviennent régisseurs de prison, huissier de justice, collecteurs des halles et marchés, collecteurs d’impôts, percepteurs des droits de place et officiers d’état-civil. Le chef de détachement agrandit dans le même temps sans cesse « sa gendarmerie » de la rue Sandignery à Dakar, où tout reste à faire. Après avoir construit la maison du chef de détachement, ainsi que l’ensemble des bâtiments nécessaires à la vie en caserne, les logements des officiers et des sous-officiers sortent de terre. Pour parvenir à leurs fins et en l’absence de crédits, Merlhe et ses gendarmes font appel à la vieille recette de la débrouillardise adoptée par la gendarmerie depuis sa création. Il récupère alors avec ses hommes auprès des entrepôts et de certaines entreprises tout ce qui peut être utilisé. L’ingéniosité et le goût du travail bien fait font du camp de la gendarmerie un modèle que les personnalités de passage à Dakar ne manquent pas de venir visiter.

Le 30 avril 1924, il épouse à Dakar mademoiselle Marguerite Gouney, fille du colonel commandant le 15e régiment de tirailleurs algériens cantonné à Fez et petite-fille du général Davignon, qui fût son chef de 1909 et 1910. En 1926 et 1927, pour intensifier la lutte contre les terribles épidémies de fièvre jaune, il met sur pied des brigades d’hygiène dispensant partout dans les zones reculées les conseils de base pour éviter ce fléau. Merlhe et ses gendarmes se dépensent sans compter pour éviter une contamination générale. Ces dispositions vont permettre de sauver de nombreuses vies. Les témoignages de satisfaction et les remerciements vont affluer au PC de la gendarmerie qui n’a pas été épargnée par la maladie.

Promu au grade de capitaine le 25 juin 1926 et conservant son commandement, Merlhe se voit confier un officier adjoint. Grâce à sa volonté et sa persévérance, l’effectif du détachement est renforcé par deux arrêtés du gouverneur général en date du 1er janvier 1928. De 34 sous-officiers en 1915, il passe à 51 en 1924 et est augmenté de 65 auxiliaires à cheval et 135 auxiliaires à pied en 1928.

En même temps, l’ancien garde républicain crée le « groupe de gendarmerie mobile » de Dakar, composé de deux pelotons d’auxiliaires à cheval destinés à maintenir l’ordre et assurer des services d’honneur. Sa mise sur pied coïncidait avec la dissolution, pour raisons budgétaires de l’escadron des spahis sénégalais qui depuis 1843, s’était couvert de gloire sur différents théâtres d’opérations. Ce groupe de gendarmerie mobile était, en particulier, chargé de la garde personnelle et d’honneur du haut-commissaire, gouverneur général de l’Afrique occidentale. Il héritait tout à la fois du prestigieux uniforme de l’escadron des spahis et des traditions de cette magnifique unité, la fameuse « Garde rouge », dont la valeur guerrière des cavaliers d’élite n’était plus à démontrer. Aucun défilé dans Dakar, n’est aujourd’hui envisageable sans la parade des cavaliers de la Garde rouge à l’uniforme rutilant : tunique écarlate avec aiguillettes, saroual de drap bleu, bottes souples de cuir rouge, haute chéchia pourpre sommée de la grenade d’or à croissant.

En 1931, un décret augmente encore le personnel des sous-officiers européens dont l’effectif se trouve ainsi porté à 115. Cette augmentation continue est due, avant tout, aux services rendus par les gendarmes et grâce à l’action efficace du capitaine Merlhe commandant le détachement, qui est resté fidèle au principe du maréchal Lyautey suivant lequel « la Gendarmerie est faite pour rendre des services et non pour faire uniquement du service ».

Dès 1933, le capitaine joue de son influence pour créer un détachement de 30 pompiers auxiliaires, qui remplace le corps des pompiers de Dakar dont la valeur technique est jugée insuffisante. Ce détachement instruit par deux gradés du régiment des sapeurs pompiers de Paris, fait rapidement preuve d’un courage exemplaire et d’une technique éprouvée, lors de la lutte contre des feux importants et fréquents dans la capitale sénégalaise.

L’exilé du Sénégal

La même année survient un épisode pittoresque qui montre le caractère entier de Merlhe et révèle que les officiers de Gendarmerie de l’époque envoyés aux colonies, même après un long séjour outre mer n’étaient pas oubliés des gestionnaires de la direction centrale. Merlhe, bénéficiant de congés après déjà douze années passées en terre sénégalaise, décide de rentrer en France pour visiter sa famille. Lors de son arrivée à Marseille, il rencontre par hasard un officier, camarade de promotion, qui lui annonce sans ambages avoir entendu dire que son séjour africain se terminait et lui souhaite un bon retour sur le continent. Merlhe, inquiet et considérant que la belle aventure ne pouvait pas se terminer aussi vite, reprend un paquebot à destination de l’Afrique quatre jours plus tard en évitant de fréquenter les sites militaires afin de ne pas faire de mauvaises rencontres. Le stratagème fonctionne et, appuyé par le haut-commissaire du Sénégal, le capitaine conserve son cher détachement, quelques années de plus. L’ensemble des succès qu’il obtient dans l’amélioration du fonctionnement de la gendarmerie de l’AOF, grâce à une impulsion dynamique et à une discipline de fer, sont mis en avant par les gouverneurs généraux successifs de ces territoires.

Le 7 août 1935, on signale au capitaine Merlhe l’évasion d’une panthère du zoo de Hann en périphérie de Dakar, qui a réussi à tordre deux barreaux de sa cage. Merlhe met en alerte au pied levé son détachement et organise une battue pour capturer le fauve. Après cinq heures de recherches Merlhe, en fin chasseur, repère le fauve et le blesse après plusieurs tirs. En véritable chef opérationnel, alors qu’il réorganise son dispositif de recherche afin de déloger le fauve caché dans des fourrés, il est terrassé par la bête et engage avec lui un combat au corps à corps au cours duquel il est grièvement blessé. Il ne doit son salut qu’à la réactivité de deux gendarmes auxiliaires indigènes Baba Diarra et Bakary Soussoko, qui parviennent à abattre l’animal. Ils seront pour ces faits cités à l’ordre des troupes de l’Afrique occidentale française, décorés de la médaille militaire, et seront invités d’honneur à l’exposition coloniale de 1937 à Paris. Transporté à l’hôpital de Dakar, le capitaine Merlhe reste entre la vie et la mort pendant un mois, veillé nuit et jour par ses hommes. Il sort de l’hôpital le 9 novembre 1935 et conservera pour le restant de ces jours les séquelles de cette attaque, dont un handicap au bras droit. En raison de ses excellents états de service, le capitaine Merlhe reçoit la croix d’officier de la Légion d’honneur et est promu chef d’escadron le 25 septembre 1936.

Un décret ministériel du 18 septembre de la même année le maintient à la tête du détachement de gendarmerie de l’AOF de façon dérogatoire, après quinze ans de présence et il précise que « cette modification aux prescriptions en vigueur est toutefois proposée à titre exceptionnel et strictement personnel en faveur du titulaire actuel, le chef d’escadron Merlhe, en raison des excellents services qu’il a rendus depuis quinze ans à la tête du détachement ». Le 31 mars 1937, il est en tournée d’achat de chevaux dans la région de Niamey. Voulant ravitailler ses auxiliaires en viande fraîche, il tire sur une outarde avec son fusil de chasse ; c’est alors que le canon droit du fusil explose. Emmené à l’hôpital de Niamey, il subit l’amputation du pouce droit et du métacarpien.
A la déclaration de guerre, n’ayant rien perdu de son allant et de sa liberté d’esprit, il demande à revenir sur le territoire métropolitain et à être intégré dans une unité combattante. Âgé de cinquante quatre ans et souffrant de blessures contractées en service, il est jugé plus utile au Sénégal. Devant être rayé des contrôles de l’activité le 20 août 1940, il est maintenu en activité pendant un an à la demande du gouverneur général Boisson.

En septembre 1940, les « Français libres » du général de Gaulle, récemment formés en unités combattantes soutenues par les Anglais, cherchent à rallier les territoires français d’outre-mer. Après un échec en Afrique du nord, solidement maintenue dans l’obédience du régime de Vichy par le Général Weygand, ils essayent de prendre pied à Dakar. Le 23 septembre 1940, des avions anglais survolent la ville, lâchant des tracts poussant à la reddition. La tentative va échouer, mais ne sera pas sans conséquences graves pour le Sénégal. Le branle-bas de combat est sonné, la flotte anglaise entre dans la rade et commence à bombarder la ville, après que son ultimatum a été refusé. Ce bombardement dure jusqu’au 25 septembre, date à laquelle, voyant que Dakar ne se rendrait qu’au prix de pertes très nombreuses, les anglais quittent le Sénégal. Pendant cet affrontement dramatique, Merlhe va s’illustrer une fois encore, comme les grands hommes de guerre, dopés par un sixième sens dans les situations extrêmes. Il n’hésite pas sous les bombardements à entraîner ses gendarmes et à organiser les évacuations, trouver des zones de replis ainsi que des abris enterrés, sauvant la vie de nombreux Dakarois de toutes origines. Son comportement est donné en exemple et il sera cité à l’ordre du corps d’armée à la fin du second conflit mondial et décoré de la croix de guerre 1939-1940, pour ces faits. Le 28 mai 1941, atteint par la limite d’âge de son grade, le chef d’escadron Merlhe, démobilisé, passe le commandement de son détachement au capitaine Cases. D’un effectif d’un officier et de trente-quatre sous-officiers en 1921, les effectifs du détachement du Sénégal étaient passés, sous l’impulsion de son chef, à six officiers et cent trente six sous-officiers en 1939.

L’Africain

Après vingt années de Sénégal, Merlhe ne peut se résoudre à quitter la terre d’Afrique qu’il a tant aimée. Il reprend donc aussitôt du service comme inspecteur principal des « Gardes cercle » qu’il organise et commande jusqu’en 1948. Grâce à son allant et ses qualités d’organisateur, il va à nouveau faire des miracles avec très peu de moyens, en construisant des casernements et donnant une structure solide à cette troupe. Sans empiéter sur les missions de la gendarmerie coloniale, les gardes cercle, le « cercle » étant en quelque sorte la province géographique de l’administrateur, exerçaient des missions de police civile, de maintien de l’ordre et de sécurité publique. Cependant le statut civil de cette force posait des problèmes de fonctionnement que Merlhe vit très rapidement. Il demanda et obtint l’année de son départ en 1948, que cette police soit encadrée par la gendarmerie, ce qui permit de renforcer l’efficacité de ce corps, qui sera totalement remilitarisé en 1957 et appelé « Gardes territoriales ».

Il ne quitta pas le Sénégal et fut nommé sur sa demande juge de paix à Kolda, en Casamance, dès 1948. Respecté et parvenant à résoudre facilement de nombreux litiges, il s’éteint le 12 septembre 1951 à l’âge de 67 ans, en présence du commandant de la brigade de Kolda. C’est le père Ritz, missionnaire de l’œuvre du Saint-Esprit, curé de la paroisse et ami de Merlhe, qui assure la bénédiction et le fait enterrer dans le cimetière de Kolda en tenue avec son sabre.
Fin discrète et symbolique d’un pionnier de la gendarmerie des territoires d’outre-mer.

Gaston Merlhe est titulaire des décorations suivantes : officier de la Légion d’honneur, médaille militaire, croix de guerre 1914-1918 avec quatre citations, croix de guerre 1939-1945 avec une citation, croix du combattant volontaire 1914-1918, médaille interalliée, médaille commémorative de 1914-1918, médaille de la victoire, médaille coloniale agrafe AOF, médaille de bronze des épidémies, commandant de l’étoile noire du Bénin.

Chef d’escadron François Rivet (SHGN)

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